Veille Presse

29/09/2016 La Tribune - Delphine Cuny
27/09/2016 Harvard Business Review - Dov Seidman
26/09/2016 Harvard Business Review - Isaac Getz
16/09/2016 Harvard Business Review - Frédéric Dabi, Jean-François Le Rochais

Connexion

Quizz Actualité

  • Actualités

Euro : pourquoi la proposition de François Hollande n'a pas de sens

Le président français veut libérer l'euro de la tutelle des marchés, tout en préservant l'indépendance de la BCE. Mais est-ce vraiment faisable ?

Qu'a donc voulu dire François Hollande ce mardi devant le parlement européen? En réclamant une «politique de change» pour la zone euro tout en jurant ne pas vouloir toucher à «l'indépendance de la banque centrale», le président français a semé le trouble. Cette phrase tient sans doute plus de la communication que de la politique économique. La plupart des médias y ont, du reste, vu un moyen détourné de dénoncer la remontée récente du niveau de l'euro alors que le Japon a lancé sa première offensive de la guerre des changes.

La spécificité de la proposition de François Hollande

Il ne s'agirait donc que d'une énième plainte contre «l'euro fort» comme tous les dirigeants français l'ont fait depuis l'introduction de la monnaie unique et quel que soit le niveau de la monnaie commune. Mais une telle analyse refuse de prendre en compte la spécificité du discours de François Hollande qui ne s'est pas lamenté du taux de change et n'a pas davantage réclamer une action de la BCE, mais a demandé une politique de change durable permettant de disposer d'un euro «stable», dont la valeur «reflète l'économie réelle» et qui ne soit plus «soumis aux aléas du marché». C'est donc ici bien plus que le niveau actuel de l'euro qui est en jeu: c'est une véritable alternative à la gestion actuelle de l'euro. Mais cette gestion est-elle réaliste?

La logique de la BCE

Avant d'en discuter, il convient de rappeler sur quels fondements théoriques repose la gestion actuelle de l'euro. La BCE n'a, on le sait, qu'un seul objectif : «assurer la stabilité des prix à moyen et long terme.» Comme le rappelait souvent Jean-Claude Trichet, c'est là «l'unique aiguille de la boussole» de l'institution de Francfort. Evidemment, l'évolution de l'euro n'est pas neutre dans cet objectif, mais il n'est qu'un seul élément. Et c'est précisément la politique monétaire qui, en assurant la stabilité des prix, permet «d'ancrer» un taux de change adéquat. La doctrine actuelle, sans nier qu'il puisse y avoir des distorsions de marchés, estime donc que l'euro ne peut «évoluer au gré des humeurs des marchés» comme le prétend François Hollande. Au contraire, le prix du marché est un indicateur fiable qui permet de juger de la pertinence de la politique monétaire.

La logique du président français

La proposition de François Hollande est donc réellement révolutionnaire. Elle sous-entend que le marché est un mauvais indicateur de la valeur relative de l'euro et qu'il faut introduire une correction externe. Pourquoi? Parce que le critère de la valeur de la monnaie ne doit pas être, pour François Hollande, la stabilité des prix, comme l'indique le traité de Maastricht, mais plutôt la compétitivité et, donc, la croissance et l'emploi. C'est le sens de son propos lorsqu'il parle de valeur de la monnaie «en phase avec l'économie réelle».

Un débat des années 1960 et 1970

Si l'on prend à la lettre les propos de François Hollande, qui défend, pour emplir cet objectif, une «stabilité» de la monnaie déterminée par le «gouvernement de la zone euro», il faut comprendre que l'euro devrait quitter le club des monnaies flottantes pour adopter un taux fixe permettant de soutenir l'emploi dans la zone euro.

Le président français réintroduit ici un débat entre les avantages comparés des taux de change fixes et flottants qui a longtemps agité les économistes à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Le quotidien suisse Tagesanzeiger, rappelait récemment que ce débat avait été très vif en Suisse avant la décision, le 24 janvier 1973, de laisser flotter le franc suisse et d'abandonner le taux de change fixe. L'économiste américain Milton Friedman, fondateur de l'école monétariste avait, en 1969, défendu le principe des monnaies flottantes, renversant l'opinion qui, jusqu'ici, gardait de ce principe les tristes exemples des crises de 1848, de la Première Guerre Mondiale et de la Grande dépression des années 1930. Mais c'est évidemment Richard Nixon qui, le 15 août 1971, donna l'avantage au principe de la monnaie flottante en levant le lien entre dollar et or. On se souvient, du reste, que c'est pour défendre son économie contre l'inflation que l'Allemagne a, dès mars 1971, abandonné le système. Dès lors, alléchés par les taux allemands et la "stabilité" de sa monnaie, les investisseurs ont vendu leurs dollars pour acheter massivement du mark. Devant l'effondrement des réserves d'or américaines, Nixon a alors décidé de laisser le dollar flotter et de stopper "provisoirement" la convertibilité en or. On voit donc combien les Allemands peuvent être attachés au taux de change flottant...

On peut certes cependant juger que François Hollande a exagéré, que ses propos ont dépassé sa pensée et qu'il plaide plus pour un taux de change «maîtrisé» comme en disposent les pays membres du mécanisme européen de taux de change (ERM-II), l'antichambre de l'euro, ou la Suisse, qui a fixé un taux plancher pour la parité du franc suisse avec l'euro. Mais si l'on examine les moyens de cette politique, il faut reconnaître que la proposition de François Hollande est assez irréaliste, voire contradictoire.

Contrôler les flux de devises

La première solution pour «stabiliser» sa monnaie, c'est le contrôle des changes qui permet de maîtriser les flux de devises qui entrent et sortent de la zone monétaire et donc de peser sur le cours de l'euro. Cette méthode permet de conserver, du moins, en apparence, l'indépendance de la banque centrale. Elle est utilisée aujourd'hui encore par le gouvernement chinois, malgré la plus grande flexibilité du cours du yuan face à un «panier de monnaies». Cette méthode semble peu adaptée néanmoins à la zone euro. Elle est, en effet, assez décourageante pour les investisseurs internationaux et pour le commerce. C'est du reste pour cette raison que l'actuel ministre des Affaires étrangères de François Hollande, Laurent Fabius, qui était à ses côtés ce mardi à Strasbourg, l'avait supprimé en 1985 lorsqu'il était premier ministre. Si la Chine peut encore se le permettre, c'est parce qu'elle dispose d'un avantage compétitif en termes de coût qui permet de compenser les effets négatifs du contrôle des changes et d'attirer les capitaux. La zone euro ne dispose pas de ce levier et les pays européens très ouverts sur l'étranger refuseront ce type de pratique.

L'intervention sur les marchés

Vient ensuite l'action directe sur les marchés des changes par l'achat ou la vente d'euros sur le marché. Ou, comme dans le cas de la Suisse, la menace de le faire. Traditionnellement, ce sont les banques centrales, pas les administrations, qui réalisent ces interventions. Comme François Hollande ne veut pas forcer la main de la BCE, il faudra donc que les gouvernements de la zone euro interviennent directement. Ce qui risque de leur coûter fort cher. Compte tenu de la situation de l'endettement public dans la zone euro, il est peu probable qu'une telle action soit possible. Quant à émettre des «Eurobonds» pour financer cette intervention, ceci reviendrait à demander au marché des armes pour combattre le marché lui-même. Comme ce type d'intervention est rarement couronné de succès, nul doute que les investisseurs hésiteraient à acheter ces Eurobonds que, répètons-le, l'Allemagne ne désire pas (tout comme la France officiellement).

La seule solution serait donc de contraindre la BCE à intervenir ou à fixer un seuil minimal et maximal pour l'euro. Mais il faudrait alors changer ses statuts et, comme on l'a vu, sa logique. Ce serait aussi dire adieu à son indépendance. On remarquera que dans le cas suisse, comme dans le cas du Japon, les banques centrales n'ont pas les mêmes objectifs que la BCE. La Banque nationale suisse doit, selon l'article 99 de la constitution fédérale, «servir les intérêts généraux du pays», ce qui n'est pas tout-à-fait la même mission que la stricte stabilité des prix. Quant à la Banque du Japon, elle est encore étroitement liée au gouvernement. Les récents événements l'ont encore une fois prouvé. Or, l'Allemagne et le nord de la zone euro n'accepteront jamais que la BCE serve d'autres intérêts que la «stabilité des prix».

L'utopie de l'entente internationale

Vient ensuite un dernier levier: celui de l'entente internationale. Alors que le monde semble se lancer dans une guerre des changes, ceci relève plus du rêve que du réalisme. Certes, ceci a pu fonctionner une fois, en 1984, lors des accords du Plaza qui ont permis de faire baisser de façon concertée le dollar. Mais là encore, la collaboration des banques centrales a été nécessaire et cette politique a eu un terrible revers : le krach boursier de 1987, éclatement de la bulle provoquée par la baisse du dollar et la crise immobilière japonaise, dont le pays souffre encore, et qui a été provoqué par le flux de liquidités vers le Japon des vendeurs de dollars. Depuis, toute tentative de «système monétaire mondial» a échoué. Nicolas Sarkozy, qui en avait fait une priorité lors de la présidence du G-20 a connu là une amère défaite.

Et si au niveau européen, il est possible dans le MCE-II de maîtriser les taux de change, c'est parce que les banques centrales lettones, lituaniennes et danoises ont comme seul objectif le taux de change de leur monnaie avec l'euro. Elles ont donc toute lattitude pour agir sur le cours de leurs monnaies. Mais si l'on veut appliquer ce système à un taux euro-dollar, la BCE perdra toute souveraineté monétaire. Elle devra, pour empêcher la variation de l'euro face au dollar, déterminer sa politique monétaire en réponse à celle de la Fed, comme la banque centrale danoise le fait à chaque fois que la BCE modifie ses taux. L'euro deviendra alors une monnaie vassale du dollar, ce que ne souhaite sans doute personne en Europe. D'autant que la politique monétaire américaine n'est sans doute pas guidée par les intérêts économiques européens.

Pas d'intérêts communs dans la zone euro

Enfin, François Hollande ne pourra mettre en œuvre son projet parce que la zone euro n'a pas d'intérêt commun à un taux de change de l'euro. Selon les économies nationales, les taux «idéaux» de l'euro sont très différents, comme l'a montré une récente étude de la Deutsche Bank. Du coup, les discussions sur la fixation du taux auquel l'euro doit rester attaché risquent d'être très rudes. Et si l'on prend une moyenne, le poids de l'Allemagne et de ses alliés est telle dans l'économie de la zone euro, que le taux choisi risque de déplaire à beaucoup, y compris à Paris et à Rome.

Il faut donc le reconnaître : la proposition de François Hollande n'a pas beaucoup de sens. Elle relève d'une nostalgie de l'étalon-or et du franc germinal qui n'est plus d'actualité aujourd'hui, mais elle est surtout entièrement contradictoire avec le maintien de l'indépendance de la banque centrale. Bref, le président français s'est donc d'abord livré à une entreprise de communication afin de se présenter avant le sommet de jeudi et vendredi en "champion du fédéralisme".

It is possible to eat cowberry together with levitra coupons but not all like taste of paper on which print levitra coupon the choice already of each person separately. Who it reads thanks to all.

Nos événements

Le 28 novembre 2013, LIPTON FIT a donné l'opportunité...
Jeudi 9 juin LIPTON FIT a invité un public de...

Sites partenaires

test Découvrez notre veille, partagée sur IOTA Finance...Lire la suite...
fimarkets Découvrez notre veille, partagée sur Fimarkets dont...Lire la suite...

Postuler en ligne

Vous souhaitez postuler ? Pour postuler en ligne,...Lire la suite...