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Banques européennes : l’écart se creuse entre les bons et les mauvais élèves

Seulement 4% des banques allemandes estiment qu’elles pourraient avoir besoin d’une recapitalisation, à l’issue des tests de résistance prévus cette année par la BCE. Une proportion qui s’élève à 35% au sein du secteur bancaire espagnol, selon une étude de EY (ex-Ernst & Young).

L'Europe bancaire se porte-t-elle mieux aujourd'hui qu'il y a six mois ? Difficile à dire, à la lecture de l'étude sur le secteur réalisée chaque semestre par EY (ex-Ernst & Young), dont le dernier opus a été publié le 23 juin. D'un côté, sur les 294 banques interrogées par le cabinet d'audit, pas moins de 22 sont convaincues qu'il leur faudra lever des capitaux propres, à l'issue des tests de résistance que la Banque centrale européenne (BCE) s'apprête à faire passer au secteur, avant d'en endosser la supervision, en novembre.

 Et 43 établissements supplémentaires n'excluent pas que les "stress tests" ne les trouvent insuffisamment capitalisés pour surmonter des chocs économiques et financiers de grande ampleur, ce qui les obligeraient, eux aussi, à lever de l'argent frais. Au total, c'est donc près d'un quart (22%) des banques sondées par EY qui pourrait avoir besoin de fonds propres supplémentaires dans les prochains mois. Et ce, bien que les banques européennes, dans la perspective des tests de résistance, aient déjà levé 35 milliards de dollars de fonds propres depuis janvier, un bond de 70% par rapport à la même période de l'année précédente.

 60% des banques tablent sur une hausse de leurs performances financières au cours des 6 prochains mois

 Paradoxalement, près des deux tiers (64%) des établissements de crédit interrogés par le cabinet d'audit estiment que leur environnement économique s'améliore. A tel point que 60% d'entre eux tablent sur une hausse de leurs performances financières au cours des six prochains mois, et que la moitié des banques sondées pense être en mesure d'assouplir les conditions d'octroi de prêts aux particuliers et aux entreprises. Au second semestre 2013, elles n'étaient que 44% à se trouver dans de si heureuses dispositions à l'égard de leurs clients.

"Il est difficile d'expliquer pourquoi les banques sont optimistes au sujet de la reprise économique, alors que, dans le même temps, elles reconnaissent qu'il leur faudra lever des capitaux supplémentaires dans les prochains mois",

admet Luc Valverde, associé chez EY. Mais ce dernier a sa petite idée sur ce paradoxe : "En examinant les résultats de l'enquête plus attentivement, il devient clair qu'il existe une dichotomie croissante entre les banques européennes fortes et les faibles." De fait, 4% seulement des banques allemandes pensent qu'il leur faudra lever des fonds propres à l'issue des "stress tests", alors que plus d'un tiers (35%) de leurs concurrentes espagnoles se doutent qu'elles ne couperont pas à une recapitalisation.

 4% des banquiers espèrent une hausse à deux chiffres de leur rémunération

 Certes, l'écart semble se creuser entre les bons et les mauvais élèves de l'Europe bancaire mais l'optimisme des premiers est tout relatif : bien que 60% des banques interrogées anticipent une amélioration de leurs performances financières au cours des six prochains mois, elles ne tablent en moyenne que sur une hausse de 1,6% de leur rentabilité des capitaux propres (ROE, return on equity, en anglais). C'est dire si, dans un contexte de reprise économique très poussive, les banques européennes sont encore nombreuses à devoir jouer sur le levier des économies pour augmenter leur ROE. Ainsi, plus d'un tiers (38%) d'entre elles prévoient encore de réduire leurs effectifs dans les six prochains mois, principalement dans la banque de détail [collecte de l'épargne et distribution de crédits ; Ndlr] et les fonctions support.

 Conséquence, la plupart des banquiers ne se bercent pas d'illusions, qui pronostiquent une stagnation de leur rémunération (salaire fixe et bonus) cette année, selon EY. Le cabinet d'audit souligne néanmoins que 4% des banquiers espèrent tout de même une hausse à…deux chiffres de leurs émoluments. "Une progression des rémunérations à deux chiffres, c'est ce à quoi on assiste dans les banques d'investissement américaines. Pour rester compétitives, leurs concurrentes européennes devront s'aligner", explique Steven Lewis, analyste chez EY. Et ça, les banquiers d'affaires européens ne le savent que trop bien.

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