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Ces financiers en quête de sens

Trader, dirigeant, jeune diplômé… Ils ont quitté leurs postes dans la finance traditionnelle pour rejoindre des établissements « alternatifs ».

La décision n’a pas été facile à prendre. En 2009, Nicolas Prost, alors responsable commercial France des activités de fixed income d’une grande banque de financement et d’investissement (BFI), est approché par un établissement qui lui propose de créer une salle des marchés. Il s’agit de Crédit Coopératif. « J’ai finalement accepté ce défi. Comme beaucoup de mes collègues, j’étais arrivé à la conclusion que mon travail était de plus en plus décorrélé de l’économie réelle, avec des opérations qui n’avaient pour objectif que de faire de l’argent avec de l’argent. J’avais envie de me prouver à moi-même et aux autres qu’il était possible de faire de la finance autrement en édifiant une salle de marché rentable dans une banque durable et éthique », confie celui qui est, depuis cinq ans, le directeur adjoint de la salle des marchés de Crédit Coopératif.

Directeur de la communication du groupe Société Générale pendant dix ans, Hugues Le Bret a, lui, quitté son poste de PDG de Boursorama en 2010 pour retrouver une forme de liberté. « Après avoir piloté la communication de la banque pendant l’affaire Kerviel et la crise financière de 2008, je ne pouvais pas, à l’issue du verdict, laisser l’histoire se refermer sans y apporter un témoignage de vérité sur la gravité de la situation créée par le fraudeur et la qualité de gestion de la crise par Daniel Bouton [l’ancien PDG, NDLR]. La nouvelle direction de la banque m’ayant demandé de choisir entre le livre que je m’apprêtais à publier et ma place dans le groupe, j’ai démissionné... » Après le succès de son ouvrage*, l’ex-banquier en profite pour se lancer dans le conseil et faire des rencontres. L’une d’elle se révèle décisive. « Lorsque Ryad Boulanouar [fondateur et président de Financière des Paiements Electroniques, établissement de paiement agréé pour le Compte Nickel, NDLR] est venu me présenter son projet qui devait permettre à toute personne, même interdit bancaire, d’obtenir une carte de paiement et une domiciliation bancaire en quelques minutes chez un buraliste, j’ai tout de suite été séduit car j’y ai vu une opportunité de changer le système de l’intérieur. En proposant une offre bancaire simple, avec une forte valeur ajoutée technologique, et des prix tirés vers le bas, on apporte une solution à tous les exclus bancaires. »

Moins rémunérateur

Désormais, de jeunes diplômés choisissent, eux aussi, de ne pas succomber aux sirènes des parcours bancaires et financiers traditionnels. C’est le cas de François Desroziers, 25 ans, cofondateur de Spear, une plate-forme de financement participatif. « Lorsque j’ai commencé mes études de finance à Paris-Dauphine en 2007, je ne savais pas encore ce que je voulais faire. Puis la crise est arrivée et j’ai rapidement réalisé qu’il y avait une fracture claire entre l’économie et la finance, cette dernière fonctionnant de plus en plus en circuit fermé, avec elle-même pour seul objectif.  » Lors d’un stage au sein d’une grande banque, on lui demande d’étudier un phénomène qui se développe alors aux États-Unis : le crowdfunding. «  J’ai vite compris que cet outil pouvait devenir très puissant. Son positionnement social répondait à une réelle demande du marché qui était à la fois en attente d’une plus grande transparence sur l’utilisation de l’argent par les banques, mais également de nouvelles solutions de financement pour les entreprises responsables  ».

Avec des amis d’enfance, il crée en février 2012 une coopérative de crowdfunding solidaire qui permet aux épargnants de choisir la destination exacte de leur argent parmi une sélection de projets entrepreneuriaux répondant à une problématique sociale, culturelle ou environnementale. En deux ans, Spear lève 1,7 million d’euros auprès de plus de 300 épargnants solidaires et finance seize projets. « Nous avons par exemple soutenu l’entreprise Muses dans son projet de reprendre une usine qui allait fermer dans Les Vosges afin de lancer Mooville, un site de production de véhicules électriques de livraison, raconte le jeune homme. Grâce à cette initiative, 70 emplois sur 130 ont pu être préservés. »

A la tête d’une équipe de huit personnes, Nicolas Prost exerce son métier avec une philosophie différente de celle qu’il a connue dans la salle de marchés d’une grande BFI. « Crédit Coopératif n’ayant pas d’actionnaires, nous ne sommes pas là pour maximiser le produit net bancaire de la banque, mais pour apporter un réel service à nos clients. Lorsqu’une entreprise vient nous voir pour acheter un produit, nous nous assurons que l’objectif n’est pas de spéculer. Nous avons en outre défini, sur chacun des sous-jacents que nous couvrons, des règles très protectrices et restrictives en privilégiant des produits simples, non risqués et non spéculatifs. Cette stratégie nous fait, certes, gagner moins d’argent, mais elle évite les mauvaises surprises. Si les collectivités locales étaient venues nous voir pour assurer leur couverture de taux, jamais elles n’auraient été confrontées à des emprunts toxiques. »

C’est cette même approche qu’est venu chercher Pierre Bozon, ancien conseiller dans une banque de réseau, en rejoignant en tant que conseiller particulier la NEF, une coopérative de finance solidaire : «  Mon travail consiste à conseiller nos sociétaires et épargnants sur la gestion de leur argent, en sachant que les produits que nous proposons sont essentiellement des comptes à terme avec un taux de rémunération connu à l’avance et une parfaite traçabilité de l’argent. La seconde partie de mon travail consiste à traiter les demandes de crédit de nos clients en faisant preuve de la même vigilance que les banques traditionnelles sur le taux d’endettement des porteurs de projet, mais avec une optique fondamentalement différente. Dans les grands réseaux bancaires, lorsque le porteur du projet se trouve dans une situation atypique, sa demande a toutes les chances de ne pas être étudiée. A la NEF, l’humain et la technique comptent autant que le volet financier  ».

Conflit de valeurs

A l’heure où le syndrome du « conflit de valeurs » frappe les banquiers en les confrontant à des exigences dans leur métier qui sont en contradiction avec la finalité réelle de leur profession (financer des projets, servir les intérêts des clients etc.), Nicolas Prost a, lui, trouvé une harmonie dans son travail. « C’est une grande satisfaction de pouvoir réconcilier une activité très décriée avec des valeurs plus en phase avec l’économie réelle, souligne l’ancien trader. D’autant que j’ai le sentiment d’évoluer dans une banque où je peux initier des idées que je ne pourrais pas lancer ailleurs. Il y a trois ans, lorsque le débat sur la taxe sur les transactions financières est apparu, j’ai proposé d’instaurer une contribution volontaire pour financer l’aide au développement. Depuis trois ans, à chaque fois que nous traitons une opération de change sur les marchés, nous reversons 0,01 % du montant à une association d’aide au développement international. Pour l’instant, personne en Europe ne nous a suivis sur cette voie, mais nous avons montré qu’il était possible de pratiquer la finance autrement. »

Lorsqu’il regarde dans le rétroviseur, François Desroziers ne regrette pas un instant de ne pas avoir choisi un métier plus rémunérateur. « Lorsque je vois mes anciens camarades de promotion qui suivent des carrières plus conventionnelles et qui, au bout de quelques années, changent complètement de secteur ou montent leur entreprise parce qu’ils n’arrivent plus à trouver de sens à leur métier de financier, je me dis que j’ai fait le bon choix car tous les projets que nous finançons sont ancrés dans la réalité. Et j’ai aussi la satisfaction d’avoir créé une entreprise qui emploie à ce jour huit personnes... »

Moins de six mois après le lancement du Compte Nickel qui a déjà séduit 15.000 clients, Hugues Le Bret est serein. «  Je ne regrette aucune de mes expériences professionnelles passées car elles m’ont mené jusqu’ici. Et pour rien au monde, je n’accepterais d’être ailleurs car j’ai concrétisé cette aspiration à plus de sens, de liberté et d’équilibre. »

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