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La Finance solidaire est pleine d'avenir, à condition de...

Il est possible de faire passer de 0,12% à 1% la part de l'épargne financière des ménages dédiée à l'investissement solidaire. A condition de prendre quelques décisions structurantes. par Frédéric Tiberghien, président de Finansol

Il faut démythifier le monde mystérieux de la finance, et c'est possible dès lors que celle-ci est rétablie dans sa fonction première : mobiliser des fonds auprès du grand public pour les mettre au service de projets collectifs à forte utilité sociale ou tout simplement de l'économie réelle. Telle est d'ailleurs l'ambition de Finansol et des acteurs de la finance solidaire, qui souhaitent atteindre l'objectif stratégique de faire passer de 0,12% à 1% la part de l'épargne financière des ménages dédiée à l'investissement solidaire. Pour y parvenir dès que possible, les pistes d'actions me semblent parfaitement tracées et je les résumerai de la manière suivante.

 Un succès encore fragile

L'épargne salariale solidaire représente un succès quantitatif incontestable mais encore fragile : le degré d'engagement de ces épargnants solidaires demeure faible. Pour y remédier, il faut améliorer l'information qui leur est donnée sur les emplois des fonds placés et leurs impacts. Ceci pour renforcer la confiance dans les produits d'épargne solidaire et inciter ces épargnants à souscrire d'autres produits à travers d'autres circuits de distribution (établissements financiers qui gèrent la plupart des plans d'épargne salariale mais proposent aussi des produits bancaires solidaires; mutuelles d'assurance; souscriptions en direct auprès d'entreprises solidaires…).

Ceci passe aussi par une sensibilisation accrue des employeurs et des conseils de surveillance des FCPE pour que les salariés sélectionnent plus volontiers l'option solidaire et par un renforcement des mécanismes d'abondement en cas de choix par le salarié de l'option solidaire. Ceci suppose enfin de mobiliser davantage sur ces sujets les partenaires sociaux, les entreprises qui ont mis en place des plans d'épargne salariale mais aussi le Gouvernement et le législateur qui devraient bientôt s'emparer du sujet.

 Mais que font donc les assureurs, en particulier les mutualistes ?

Ils feraient bien, sitôt achevée la lecture de notre étude[1], de méditer la célèbre formule employée en janvier 1789 par l'abbé Sieyès au sujet du Tiers-État, à la veille d'une révolution : « Tout, rien, quelque chose ». Après l'épargne salariale, l'assurance sur la vie (avec un encours de près de 1.500 milliards d'euros sur les 3 800 milliards d'euros d'épargne financière des ménages) est le deuxième moteur qu'il faut allumer maintenant pour que la dynamique de l'épargne solidaire ne s'essouffle pas.

Le terrain frémit et là encore, il appartient aux professionnels et aux pouvoirs publics d'adopter les mesures nécessaires pour déclencher le mouvement. Les bons réglages fiscaux par le Parlement seront ici encore déterminants. Il en va de même pour les livrets réglementés (600 milliards d'euros d'encours), qui répondent parfaitement à la préoccupation de sécurité, prépondérante chez les épargnants solidaires.

 A quand  un livret d'épargne réglementé avec option solidaire ?

La faible mobilisation des réseaux commerciaux des banques sur les produits d'épargne solidaire est parfaitement expliquée par notre étude. On ne peut cependant pas s'en satisfaire car leur force de frappe et de prescription est considérable, notamment auprès des femmes qui sont majoritaires parmi les souscripteurs. Le développement d'OPCVM ouverts aux personnes morales ou conçus en partenariat avec des associations et fondations (produits d'épargne de partage) représente également une opportunité à saisir car les épargnants solidaires touchés par les réseaux bancaires présentent de fortes prédispositions à la solidarité. Les services offerts au titre des « family office », très peu connus aujourd'hui et non recensés, pourraient également comporter une offre de souscription en direct ou à des OPCVM dédiés car ces épargnants peuvent appartenir aux catégories qualifiées dans l'étude de néo-donateurs et de donateurs diversifiés.

 Inciter à plus de coopération

Par ailleurs, de manière générale, l'étude Finansol révèle qu'il faut inciter les acteurs de la finance solidaire à coopérer davantage pour organiser, durant toute la vie de l'épargnant, un véritable « parcours de l'épargnant solidaire » lui proposant de passer progressivement d'une démarche occasionnelle à une démarche proactive, en présentant les offres pertinentes aux bons moments, avec des passerelles, qui, par exemple n'existent pas entre l'épargne salariale et l'épargne bancaire ou l'investissement en direct dans les entreprises solidaires.

 Trouver une solution à la question de la liquidité des OPCVM

Autre piste de réflexion, la mise au point d'une solution réglementaire ou d'une solution de place demeure prioritaire pour éviter que de nombreux OPCVM (FCP, FCPE, FCPR) soient obligés de conserver une forte proportion de liquidités dans leurs actifs pour garantir la liquidité du placement. C'est autant d'épargne stérilisée pour l'investissement direct dans les entreprises solidaires. On pourrait faire nettement mieux si ce problème était réglé. Pour le faire, les acteurs de la finance solidaire doivent accepter de dépasser l'horizon de leurs intérêts particuliers pour bâtir ensemble une réponse collective et structurée qui ne pourrait être que bénéfique pour la place de Paris, la première en Europe pour les OPCVM.

La loi Économie sociale et solidaire (ESS) ne doit pas conduire à des blocages

En tant que président de Finansol, je ne peux pas non plus omettre de rappeler qu'un autre ingrédient symbolique de la confiance du public dans l'économie solidaire est directement géré par l'Etat : il s'agit de l'agrément solidaire régi par le code du travail. Sa réforme est prévue par le projet de loi sur l'économie sociale et solidaire, en cours de discussion au Parlement. Ses conditions d'attribution, plus nombreuses, le rendront sans doute plus difficile à obtenir. Il faudra donc qu'il soit instruit avec discernement pour éviter de créer une rupture entre collecte d'épargne et opportunités d'investissement ou, par contrecoup d'un éventuel resserrement de cet agrément, de décourager l'épargne solidaire en direct ou par le biais d'OPCVM investissant dans les entreprises solidaires agréées.

Dans une situation idéale, la délivrance du label Finansol[2] et de l'agrément solidaire doit être cohérente et marcher de pair en vue d'atteindre des objectifs partagés entre pouvoirs publics et acteurs de la finance solidaire. Il serait donc logique et souhaitable que la loi sur l'économie sociale et solidaire, qui ne comporte qu'une seule disposition - de nature restrictive - sur la finance solidaire, soit complétée par des mesures positives encourageant la souscription de produits d'épargne solidaire.

Une générosité généralement sous-estimée

Enfin, à l'encontre du climat ambiant, plutôt morose et dépressif, le rapport à l'argent des épargnants solidaires met en évidence une générosité généralement sous-estimée et un soutien bienveillant à tous les projets collectifs qui ont pour visée le renforcement de la cohésion sociale. Ils sont en phase avec les nécessités de l'époque : pour surmonter les échecs de l'État providence et de la finance de marché, les épargnants solidaires sont disposés à financer un tiers secteur où prime la fédération des initiatives individuelles au service d'un projet collectif reconnaissant le sens du travail partagé et les mérites

Au vu d'un tel programme, l'avenir de la finance solidaire ne peut qu'être brillant, si chacun veut bien retrousser ses manches pour y contribuer à la mesure de ses responsabilités et de ses moyens.

 Frédéric Tiberghien

Président de Finansol, le collectif des acteurs de la finance solidaire

Ancien délégué interministériel à l'innovation, à l'économie sociale et à l'expérimentation sociale

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