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"Les gouvernements européens sont prisonniers de leurs systèmes bancaires"

Pour Philippe Legrain, économiste britannique et ex-conseiller de José Manuel Barroso, les dirigeants européens ont fait le choix de protéger les banques allemandes et françaises d'une restructuration... au détriment des contribuables européens.

Depuis le début de la crise des dettes souveraines, le choix de l'austérité a été dicté aux États membres de la zone euro comme celui de la raison par Bruxelles. Une direction  vivement critiquée par la suite à travers le monde, notamment par le Fonds monétaire international (FMI), qui exhorte depuis régulièrement la Commission européenne et les dirigeants de la zone euro à lâcher du lest sur la réduction des dépenses pour ne pas tuer la reprise économique dans l'œuf. Selon Philippe Legrain, économiste britannique, professeur d'économie à la London School of Economics et ancien conseiller du président de la Commission européenne José Manuel Barroso durant trois ans, cet entêtement a d'abord pour but de préserver les banques européennes - allemandes et françaises en tête -, de leur trop grande exposition au risque dans les pays d'Europe du sud en en faisant supporter le prix aux contribuables.

La Tribune : Vous avez affirmé dans la presse britannique que les institutions européennes s'étaient rangées du côté des créanciers plutôt que du côté des débiteurs pour régler la crise de la dette. Que vouliez-vous dire ?

Philippe Legrain : La crise a en fait été causée par les pertes faites par les banques allemandes et françaises qui ont mal prêté, en particulier en Europe du Sud. L'explosion des déficits n'est ensuite que le résultat de la récession, elle-même causée par les ménages trop endettés qui ont cessé de consommer.

Pouvez-vous donner un exemple concret de cette protection des créanciers par les dirigeants européens ?

Prenons l'exemple de la Grèce. Elle était insolvable. C'est la conclusion à laquelle en étaient arrivés les économistes du Fonds monétaire international (FMI) sous la présidence de Dominique Strauss-Kahn. C'était aussi ce que pensaient les marchés puisqu'ils ont arrêté de lui prêter.

Mais pour ne pas faire supporter les pertes aux banques allemandes et françaises, on s'est dit qu'on allait prêter l'argent du contribuable pour leur permettre de recouvrer leurs créances. En échange de quoi on a imposé une torture médiévale à la Grèce.

En clair, en tant que conseiller de José Manuel Barroso vous n'étiez pas en faveur des coupes budgétaires prônées par Bruxelles et Berlin…

Bien sûr que non, l'austérité n'est la solution ni à une crise bancaire, ni à une panique, qui sont en fait les vraies raisons de la crise actuelle. Il aurait fallu que le secteur public maintienne ses dépenses pour que le secteur privé réduise ses dettes. C'est ce que les États-Unis ont fait en partie, c'est aussi ce que l'Europe du Nord avait fait pour surmonter sa crise bancaire dans les années 1990.

Dans la zone euro, on a voulu faire différemment, mais cela ne fonctionne pas. Les déficits peinent à se réduire, et la dette continue d'augmenter. Si on s'était concentré sur la seule dette privée, la récession n'aurait pas été aussi longue et les déficits publics auraient été plus faciles à résorber.

Mais dans ce cas, quid des créanciers ?

Il fallait restructurer le système bancaire. Après cinq ou six ans, on se dit que cela va finalement arriver avec la revue de la qualité des actifs [AQR, pour asset quality review. ndlr] organisée par la Banque centrale européenne (BCE). Mais je suis convaincu que ce ne sera pas fait de manière rigoureuse et crédible.

Les efforts dans le sens d'une restructuration ont été très timides. Les gouvernements restent en fait prisonniers de leurs systèmes bancaires, ils feront pression pour que rien ne soit dit. A mon sens, tout cela n'aboutira pas à une restructuration en profondeur.

Les banques françaises et allemandes sont-elles exposées au point de vouloir que rien ne sorte ?

Certains économistes ont fait des calculs et estiment que le besoin de recapitalisation des banques se situe entre 509 et 767 milliards d'euros. Ce n'est qu'un calcul, mais je serais surpris que l'AQR en arrive à de telles conclusions. Ce qui est sûr, c'est que les plus grands besoins en capitaux sont en France et en Allemagne.

Voulez-vous dire que les institutions européennes œuvrent à sauvegarder les intérêts de l'Allemagne et de la France avant tout ?

Il y a des intérêts allemands, français, mais aussi italiens. Le système bancaire italien a essuyé d'importantes pertes depuis le début de la récession et les finances publiques ne se portent pas assez bien pour supporter un nouveau choc. L'Italie fera donc elle aussi pression pour que l'AQR ne soit pas trop transparent.

Pourquoi la Commission a-t-elle suivi cette voie ?

C'est l'Allemagne qui étant la plus exposée a imposé sa réponse à la crise européenne. Nicolas Sarkozy n'était pas en position de peser à l'époque face à Angela Merkel, de même François Hollande, son successeur, qui a dû se saisir du dossier en cours de route lors du sommet de 2012. Il a essayé d'influer, mais cela n'a pas marché.

La Commission a juste profité de la situation pour assurer son pouvoir sur le plan technique avec le contrôle des politiques nationales dans le cadre du semestre européen. Elle est censée représenter les intérêts de toute l'Europe, elle aurait pu adopter une position de défense des intérêts européens. Au lieu de quoi elle a choisi de suivre l'Allemagne, ce qui atteste de sa grande faiblesse politique.

L'Allemagne serait donc seule maîtresse à bord ? Pourtant vous le dites vous-même, la France et l'Italie ont aussi des intérêts à défendre…

On voit bien que lorsque l'Allemagne veut quelque chose, elle l'obtient, et quand elle ne le veut pas, cela n'arrive pas. Elle a voulu un contrôle des budgets nationaux, et elle l'a obtenu. Elle ne veut pas d'une vraie union bancaire, et il n'y aura donc pas de véritable union bancaire.

La France ne remplira pas son objectif de réduire son déficit public à moins de 3% du PIB en 2015 comme elle s'y était engagée. Cela a-t-il du sens dans ce contexte pour l'Allemagne que la France soit sanctionnée ?

Nous verrons comment va évoluer la situation. Cela montre en tout cas que les règles budgétaires sont absurdes, et c'est la France qui a le plus de pouvoir pour résister à ces règles. Mais il est difficile de dire ce qu'il va se passer.

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