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CONFERENCE LES ECHOS : Bâle III : anticiper dès maintenant les impacts - Point de vue

POINT DE VUE

Impression laissée par ce colloque

Face à la crise systémique de 2007 qui a entraîné une perte de confiance dans les établissements financiers, les autorités ont décidé d’imposer de nouveaux ratios plus contraignants  (fonds propres et de liquidités). La crise s’aggravant, elles ont accéléré le calendrier. Des différents intervenants, il ressort que tout semble se faire dans la précipitation : vu les délais, les banques doivent commencer dès maintenant à s’adapter à des ratios, qui ne sont pas encore définitivement fixés, et les moyens de développer des financements de substitution (comme la titrisation) ne sont pas en place.

Les banques se retrouvent face à un dilemme : elles doivent rapidement soit emprunter plus long, soit sortir de leurs bilans les créances notamment en les titrisant,  soit restreindre les crédits. Or, nous l’avons vu, aucune de ces trois solutions n’est envisageable actuellement. Cette incertitude sur leur avenir renforce l’inquiétude du marché à leur égard, ce qui est l’inverse du but recherché.

Face à ces problèmes, un grand espoir des intervenants est la débancarisation du crédit. Une grande marge de manœuvre existerait car, aux Etats-Unis, 75% du financement est extra-bancaire, contre 25% en Europe.  Mais, personnellement, je pense que la situation n’est pas comparable : cette disparité n’est pas due qu’au hasard ou à la culture. L’état américain a favorisé de nombreuses façons la débancarisation du financement en garantissant la titrisation (Freddie Mac et Fannie Mae pour 4700 Md$), certains crédits (dont au moins 500Md$ de crédit étudiant avec le FFEL), ou en accordant des avantages fiscaux aux obligations des collectivités locales (les dettes de ce secteur représentent 20% du PIB). Rien que ces trois exemples représentent 55% du PIB américain, soit environ 25% de l’endettement non financier hors état central.  L’Europe n’a pas de programme politique de cette ampleur.

A mon avis, avec cette réglementation, les banques vont se retrouver face à deux enjeux :

I - Eviter de tomber dans un nouveau risque systémique que peuvent entraîner les nouvelles réglementations.

En effet, si on examine les trois grosses sources de pertes ces dernières années (subprime, Madoff et Grèce), les scénarios sont relativement voisins. Deux caractéristiques s’y retrouvent :

  1. un mode harmonisé d’appréhender le risque
  2. une étude de risque portant sur la forme et non sur le fond

Ainsi, si on regarde la crise des subprime, on peut faire remonter le problème à l’obligation de la notation pour les émissions. Au départ, cette réglementation était sensée diminuer le risque grâce à une meilleure information (la notation ne devait être qu’un élément de la décision des investisseurs). En fait, beaucoup d’investisseurs se sont reposés sur elle. En conséquence, au niveau mondial, le risque n’était principalement évalué que par  2  personnes : les responsables des deux principales agences. Or, de plus, ces deux agences avaient la même façon d’appréhender le risque des titrisations qui reposait sur un calcul de diversification du risque (la forme), et peu sur la nature des crédits (impossibles à rembourser dès la hausse contractuelle des échéances).

De même, j’ai été gérant de FCIMT de 1993 à 2000, et j’ai été très étonné des enquêtes faites alors par les sélectionneurs alternatifs anglo-saxons : toutes les questions portaient sur le comportement externe (toujours les mêmes critères :  drawdown, volatilité …), aucune sur les opérations ! On peut parler d’une règle harmonisée d’estimation. Madoff a su profiter de ce biais.

Pour les banques ou assurances, les titres d’état européen étaient une vraie aubaine : le risque avait été déclaré nul par les autorités et la BCE garantissait la liquidité totale par ses REPO (Alors qu’elle critiquait les endettements excessifs, elle acceptait de les financer quel que soit le montant !) : on pouvait gonfler son bilan tout en ayant de bons ratios. La Grèce a pu allègrement se financer.

Or, les réglementations de Bâle III comportent ces deux caractéristiques : harmonisation au niveau mondial de l’estimation des risques, des impacts de liquidité et aussi la catégorie   de titres  à   détenir  comme « coussin  de  liquidité ». La réglementation est basée sur des calculs par grande catégorie, c’est-à-dire en fait statistiques. Un intervenant s’est inquiété de la concentration sur quelques titres de la liquidité bancaire. Que se passera-t-il si une crise de liquidité oblige une grande partie des banques à vendre en même temps  les mêmes titres ?

II – Eviter de laisser la réglementation diriger leur activité.

Comme l’a fait remarquer l’intervenant de Moody’s, actuellement les banques cherchent plus à respecter la forme des ratios qu’à entamer une réflexion stratégique sur leur avenir. On a vu en 2011 de violents changements de cap, comme l’arrêt total de certaines catégories de financements longs qui « n’apportaient pas de dépôts ».  Dans le même temps, j’ai vu une banque de taille moyenne entrer dans ce marché sur les meilleures signatures à des marges jamais vues, et qui, par ces financements longs refinancés à court terme, a nettement amélioré son ratio de liquidité LCR ! Mais elle avait fait l’effort de bien analyser les paradoxes de cette réglementation touffue.

J’ai eu l’expérience, en tant que directeur financier d’une banque moyenne, puis de responsable d’une gestion d’OPCVM comportant 20MdF d’OPCVM monétaire dynamique d’être confronté à des réglementations contraignantes, principalement l’encadrement du crédit et la détention de titres obligataires dans les OPCVM. Les établissements qui se sont laissé guider par ces réglementations ont connu de grands déboires, alors que souvent des solutions simples non pénalisantes existaient.  La France est un des pays où le système bancaire est le plus concentré, les petites et moyennes banques ayant disparu. Je pense qu’une des raisons est que ces établissements ont particulièrement mal réagi à l’établissement, puis à la suppression d’une réglementation : celle de l’encadrement du crédit. Espérons que les grands groupes bancaires sauront éviter un tel écueil.

Jean-Dominique MARTIN - Directeur Financier
Partenaire de LIPTON FIT et Membre du Cercle X Mines

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